07.10.2005
Hewlett-Packard : résumons-nous !
Résumons : Hewlett-Packard est un groupe informatique, qui depuis sa fusion avec Compaq en 2002, a de la peine à devenir performant sur l'ensemble de ses divisions. Seuls les services et les "imprimantes" dégagent des marges et des profits conséquents. Dans cette orientation stratégique vers un groupe informatique "global", les analystes et les investisseurs voient plus de "mauvaises graisses", qu'un ensemble efficace fait pour assurer croissance et rentabilité...
La valorisation du titre est très en-deça de ce que l'on serait en droit d'attendre, et l'annonce en 2004 d'une diversification vers l'informatique de loisir inquiète les milieux financiers, plus attentifs aux mauvais chiffres dans le secteur des PC et des serveurs (tout deux très concurrentiels). HP résiste difficilement à la progression de DELL, devenu leader sur le marché des PC, et d'IBM qui se tourne définitivement vers une stratégie "On demand", cède sa division PC au chinois Lenovo et décide de se réorganiser en Europe pour réduire ses coûts de structure.
Les analystes préconisent un recentrage de HP sur son métier "historique" et le plus rentable. Carly Fiorina (PDG depuis 1999) est remplacée par Mark Hurd au printemps 2005, jugé plus apte à mener une stratégie de façon "opérationnelle". Il semble alors que l'analyse du Conseil d'administration ait validé l'orientation stratégique menée par le groupe depuis 2002 et conclue que sa mise en oeuvre avait été déficiente. En toute logique, c'est un plan de restructuration que présente le nouveau PDG durant l'été avec un double objectif : réduire les coûts de structure et augmenter l'efficacité de sa force de vente. Tirer avantage d'un groupe informatique "global", c'est avant tout rechercher des synérgies entre ses différentes activités pour gagner des parts de marché dans chacune d'elle... Il semble toutefois que ce "modèle" ne soit pas assez marqué pour permettre une différenciation nette face à ses concurrents : DELL fabriquant d'ordinateurs "à la commande" = offre une souplesse, des prix et un SAV à des clients disposant d'un service informatique apte à gérer les besoins de l'entreprise et IBM proposant des solutions informatiques évolutives "à la demande" à des clients (marché prometteur des PME) qui souhaitent "externaliser" leur service informatique ou n'ont pas la taille suffisante pour en supporter un... Ces deux sociétés disposent d'une image positive qui renforce leur positionnement : des prix attractifs pour un très bon rapport qualité/prix et l'expertise d'une société "historique".
Les défis de HP : améliorer la rentabilité des secteurs PC et serveurs, le "réveil" de Sony dans celui de l'informatique de loisir, une concurrence accrue dans le domaine des services informatiques et des marges qui se dégradent dans le secteur des imprimantes, renforcer la R&D et la force de vente ; trouver enfin un positionnement qui permette de distinguer Hewlett-Packard de ses concurrents...
A la fin de cet été, alors que l'on assite à un "retour en grâce de Hewlett-Packard" en Bourse (Les Echos du 18/08/2005) grâce à de bons résultats et un faux-pas de son rival DELL, on attend toujours les détails du plan de restructuration annoncé courant juillet par le PDG Mark Hurd... Ils seront effectivement publiés le 13 septembre et la France sera particulièrement touchée : 1240 postes, soit 1/4 des effectifs.
18:00 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE









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